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Cycles

Le nouveau confinement me donne l’occasion de reprendre la plume. Chaque soir, tant que le confinement durera, je m’efforcerai de publier un billet sur ce site. Je vous souhaite une bonne lecture.

Alors que le temps est et passe tout à la fois (voir cet article), la vie, elle, est souvent cyclique. Jour après jour, mois après mois, année après année, les mêmes évènements s’enchainent. En septembre c’est la rentrée, puis arrivent les fêtes de fin d’année, puis on tend vers les beaux jours qui permettent de partir en vacances avant de rentrer à nouveau.

Et d’ailleurs, alors que nous venions de célébrer le premier anniversaire du confinement, un autre s’impose ! La pandémie serait-elle cyclique, elle aussi ? La Covid nous ferait-elle revenir au temps des des romains qui — jusqu’à Jules César — faisaient démarrer leur calendrier le 1er mars.

Du temps de la Révolution, avec l’avènement du calendrier républicain, l’année commençait à l’équinoxe d’automne, ce qui permettait de mettre d’accord les astronomes et les révolutionnaires car la première République a été proclamée le 22 septembre (1792).

Allégories du calendrier républicain

Les révolutionnaires cherchaient à tout changer par principe mais il est amusant de constater qu’en matière de calendrier, ils ont gardé une très classique approche cyclique. Après tout, le système cosmique dans lequel nous vivons l’est également… ceci explique certainement cela.

Une montre affichant l’heure internet

Cycliques, donc, les calendrier sont aussi très liés à la nature et bien souvent ils sont le reflet des saisons, qui influent peu sur l’internet. Une remarque qui, à la fin du XXème siècle, donna à l’entreprise Swatch le prétexte à la création d’un temps internet aussi amusant qu’éphémère et dont l’ambition était de faire abstraction des fuseaux horaires et donc, en toute modestie, d’abolir les notions de jour et de nuit !

Mais surtout, chacune et chacun de nous sait bien que les cycles ne sont pas des cercles. On ne revient jamais réellement au point de départ. On ne repart jamais de zéro. Chaque cycle constitue une itération qui s’ajoute aux autres et qui modifie la construction toute entière. Contrairement aux métallurgistes qui procèdent par enlèvement de matière à chaque révolution de la pièce qu’ils travaillent sur leur tour, les cycles du temps ajoutent des couches d’expériences les unes sur les autres.

Les cycles du temps nous font avancer en spirale et nous font donc progresser… inexorablement.

À demain, 21 heures.

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Partager

Dans son Essai sur le don (Puf, 1924), le sociologue Marcel Mauss démontre que le don implique une réciproque (ce qu’il appelle le contre-don) qui en réalité permet le développement des relations inter personnelles et, plus largement, la construction de la vie en société.

Bien évidemment, l’approche a vieilli et il convient de la relativiser mais cette proposition classique permet de porter un regard alternatif sur les notions d’échange et de partage.

L’engagement, dont les marketeurs nous rebattent les oreilles !

Exactement comme les économistes le feront quelques années plus tard en étudiant la notion d’équilibre général, le principe du don et du contre don consiste en réalité à construire une dynamique de partage qui ne peut perdurer que si les parties en présence y gardent un intérêt au fil du temps.

Le sociologue Marcel Mauss

Mais surtout, l’approche proposée par Marcel Mauss nous interpelle sur la notion de valeurs. Guidés par la cupidité, certains acteurs économiques proposent des approches commerciales s’appuyant sur le partage de valeurs (ce que les spécialistes appellent le marketing de l’engagement). Avec une telle logique, la consommation éthique se substitue à la recherche d’un optimum économique.

Il ne s’agit pas tant de savoir si c’est mieux ou moins bien, voire si c’est bien ou mal de consommer éthique que de se rendre compte qu’en réalité cela implique de partager des valeurs. Autrement dit, de pouvoir juger de la sincérité des parties en présences. Le marketing de l’engagement oblige les protagonistes de l’échange à bien se connaitre et donc à favoriser la proximité et les relations interpersonnelles.

En proposant de s’appuyer sur le partage, les commerçants post modernes se proposent en réalité de relever le défi de la sincérité. Une question à méditer en confinement…

Depuis sa création cette rubrique s’adapte à l’actualité. Tout comme le confinement, elle va s’assouplir et devenir hebdomadaire. Je vous dis donc à vendredi, 21 heures.

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Classique(s)

Définir ce qui est classique est plus difficile qu’il n’y parait car classique est un terme polysémique. On oppose habituellement classique et moderne, ce qui revient en réalité à mettre en lumière l’importance qu’on va donner au progrès et à la nouveauté.

L’opposition entre classicisme et modernisme est une réalité multiforme qui se retrouve dans de nombreux domaines (y compris en politique où s’opposent des approche conservatrices et progressistes). La révolution industrielle et surtout l’avènement de la société de consommation ont fait prévaloir le modernisme qui semble s’être imposé dans tous les domaines.

Affiche de Dubout pour Marius de Marcel Pagnol

Classique et moderne peuvent également se conjuguer. Avec le temps, ce qui était moderne finit par se patiner pour devenir classique. Le tailleur de Chanel ou la musique de Miles Davis sont aujourd’hui des classiques. C’est également le cas de la fameuse Trilogie marseillaise de Marcel Pagnol. Évidemment, les personnages et l’environnement ont changé mais les situations et les sentiments restent d’actualité. C’est ce qui fait la force des classiques.

C’est aussi ce qui fait leur faiblesse et c’est d’ailleurs pour ça qu’on voit apparaitre régulièrement de nouveaux classiques dont la forme change mais qui, en réalité, reprennent une trame qui, elle, ne change pas. C’est un phénomène courant au théâtre. Cette approche a également fait le succès et la fortune de Walt Disney au cinéma.

Le château Cendrillon, devenu iconique

Mais surtout, en nous permettant de revenir aux fondamentaux, les classiques nous permettent de prendre de la hauteur. Parce qu’ils disent clairement d’où nous venons, les classiques permettent de se situer aujourd’hui et donc de nous orienter pour demain.

Les classiques sont des fils d’Ariane, qui permettent de retrouver son chemin, c’est-à-dire de donner du sens.

À demain, 21 heures

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Ressentir

Pour comprendre, il faut avant tout éduquer son intellect et nourrir son esprit. Depuis des millénaires l’humanité confie ces missions à l’enseignement et à l’apprentissage. C’est pour cela qu’ont été créées les écoles, les lycées et les universités.

Or l’éducation ne se limite pas à la transmission des savoirs. Ressentir fait partie de toutes les choses qui peuvent s’apprendre et que l’école ne transmet pas (ou transmet met mal). Ressentir, en effet, ne relève pas de l’intellect. On ressent avant tout avec son corps. Et c’est donc le corps qu’il faut s’approprier.

Il s’agit, en quelque sorte, de sonner juste, tout comme un instrument de musique sonne juste. On entre ici dans le domaine de l’intime et il appartient à chacune et à chacun de trouver comment exprimer son ressenti. L’objectif, en revanche est clair : il s’agit de se mettre en harmonie avec le monde qui nous entoure.

Qu’il s’agisse de zen ou même de sport, il existe de nombreuses voies, techniques ou méthodes qu’on choisira en fonction de ses goûts ou de ses envies mais qui toutes ont la caractéristique d’être initiatiques, parce que ce qu’elle transmettent ne peut, précisément, pas s’exprimer. Qu’on pense à ces sportifs, transpirants et fourbus, mais heureux, à la fin de leur entrainement. Ou à ses yogis, calmes et apaisés après une séance de méditation…

Mais surtout, avant d’aller chercher de midi à quatorze heures, pourquoi ne pas commencer, tout simplement par la diététique ? Après tout, c’est à la portée de chacune et de chacun d’entre nous. Ici l’objectif n’est pas tant de se mettre au régime que de chercher à bien manger.

Composer des repas sains, équilibrés et nourrissants. Cela parait simple et à la portée de toutes et de tous. Et pourtant, un grand nombre de petits détails permettent souvent de changer radicalement les choses et, finalement, de se sentir mieux.

La chaine Youtube du Dr. Jean-Michel Cohen, pour apprendre à ressentir

Pas la peine de chercher des produits compliqués ou des recettes alambiquées. Simple d’accès, et facile à mettre en œuvre, l’équilibre alimentaire constitue en réalité une démarche du quotidien. C’est le premier pas vers la découverte de ressentis nouveaux. Bien se nourrir est un défi du quotidien.

Pour bien ressentir il faut relever le défi du corps.

À demain, 21 heures

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Mesurer

Derrière le mètre, se cache une démarche très profonde et très structurante. Une démarche que seule la Révolution pouvait mener à bien. Au delà de ses aspects historiques et politiques, en effet, la Révolution propageait également une volonté de tout changer. De ce point de vue, la Révolution constitue un virage à cent quatre-vingts degrés par rapport au système pluri-centenaire qu’elle entendait remplacer.

La Révolution a changé l’organisation administrative de notre pays, l’a doté de Lois nouvelles, a proposé un calendrier nouveau et nombreuses autres innovations. La Révolution portait également un projet de modernisation de la société dont fait partie le système de poids et mesures comportant le mètre. Ce système a beaucoup évolué au fil du temps mais nous l’utilisons encore aujourd’hui.

Un des fameux mètre étalon par Chalgrin. Celui-ci est situé 36 rue de Vaugirard à Paris.

Évidemment, en 2020, cela peut sembler étonnant ou saugrenu mais remis dans le contexte de la fin du XVIIIème siècle, cette démarche était très innovante. Disposer d’un système unifié sur tout le territoire a permis le développement du commerce (comme ce fut le cas de la liberté de navigation en haute mer) et a contribué à l’unification de la République.

La confiance n’exclue pas le contrôle

aphorisme bien connu des auditeurs financiers.

Au milieu du XIXème siècle, en s’appuyant sur le nouveau système de mesure, Félix Potin révolutionne le commerce en proposant des quantités mesurées et des prix marqués. Qu’on y pense : sans système de mesure, le commerce — et plus largement la société de consommation — devient compliqué à souhait.

Mais surtout, le mètre est aussi pour chacune et chacun d’entre nous une invitation à évaluer et mesurer. L’objectif n’est pas tant de ranger nos vies dans des cases de feuilles de calcul, mais de chercher à séparer le bon grain de l’ivraie.

Au delà de l’optimisation financière, mesurer permet de se mettre sur le chemin de ce que Pierre Rabhi appelle la sobriété heureuse. Il ne s’agit pas tant de retourner à la terre que de se dépouiller du superflu et de se concentrer sur l’essentiel.

Mesurer constitue le premier pas sur le chemin du bonheur.

À demain, 21 heures.

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Culture Réflexion(s)

Pollock

Jackson Pollock est un artiste surprenant. Et tout chez lui est surprenant, de son parcours personnel à sa démarche artistique. Avec ses tableaux les plus connus, il cherche à peindre ses états d’âme. Pas facile quand on on évolue dans un milieu assez académique et qu’on est tiraillé par des tendances antinomiques.

Et pourtant, surprenante à souhait elle aussi, et totalement personnelle, la réponse que propose Jackson Pollock a constitué une des plus grandes innovations du XXème siècle en peinture.

Jackson Pollock Convergence (3,90m x 2,37m), 1952

Que n’a-t-on pas dit de ces immenses toiles multicolores ? Nombreux sont celles et ceux qui aujourd’hui encore les trouvent toujours insensées. Les toiles de Jackson Pollock, pourtant, sont pleines de sens car à un époque (le XXème siècle) où la photographie a supplanté la peinture dans sa fonction représentative, que peut-il rester à cette forme d’art, sinon la matérialisation de l’esprit ?

Aujourd’hui ce raisonnement semble assez évident, mais ce qui n’était pas le cas dans les années 1950. Jackson Pollock s’est prêté à un certain nombre de reportages dans lesquels il explique sa démarche.

Jackson Pollock by Hans Namuth (1950). Ce film est en anglais mais très facile d’accès.
Affiche du film Pollock d’Efd Harris (2000)

En 2000, l’acteur Ed Harris a consacré à l’artiste un film biographique aussi instructif que touchant, qui analyse en détails le cheminement qui a amené Jackson Pollock à proposer au monde une réponse unique.

Mais surtout, Jackson Pollock et ses toiles nous appellent à repenser nos états d’âmes ou, plus exactement, la manière dont nous pouvons les exprimer. Il est habituel de chercher à exprimer ses ressentis par les mots et d’ailleurs cette démarche a permis le romantisme, mais peut-on les exprimer par la peinture ? Peut-on aller au delà des mots ?

En réalisant des toiles insensées à première vue, Jackson Pollock a proposé une réponse mais surtout, il nous propose de faire un pas de côté et de considérer les choses autrement.

Les toiles de Jackson Pollock nous invitent à nous regarder autrement.

À demain, 21 heures

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Rire

Qu’il s’agisse de rire ou d’humour, le sujet a passionné les philosophes depuis des millénaires. Henri Bergson, y a consacré un ouvrage magistral et, finalement, le rire constitue un des personnages centraux du Nom de la rose dont Jean-Jacques Annaud a fait un film resté célèbre.

Si le sujet fascine tant, c’est certainement parce qu’il s’agit d’une de ces composantes qui font le propre de l’homme (selon le bon mot de Rabelais).

Le rire a également cette caractéristique d’être à la fois totalement intraduisible ou totalement universel selon la forme qu’il prend. C’est ce qui lui donne une dimension unique qui permet de transcender les cultures et les époques. En cela, le rire rassemble.

Rire est le plus court chemin d’un homme à un autre

Georges Wolinski

Mais surtout, le rire permet de relativiser les choses et les situations. Un peu comme on donne un coup de pied dans un téléviseur avec l’espoir que cela améliorera la réception, l’humour nous permet de remettre les choses à leur place. Un bon mot ou un trait d’esprit, quelque soit la forme qu’ils prennent, peuvent se révéler salvateur.

C’est exactement ce que font les Goguettes en trio (mais à quatre) dans cette chanson parodique qui pousse l’humour jusqu’à détourner une chanson qui, en sont temps, été interdite d’antenne car jugée trop séditieuse.

Prenons quelques minutes pour rire, cela nous aidera à porter le fardeau des réalités.

À demain, 21 heures

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Silence

Un fameux proverbe chinois affirme qu’il faut trois ans pour apprendre à parler et une vie pour apprendre à se taire. En quelques mots, tout est dit : le silence s’apprend. Le silence n’est pas une absence ou un vide mais un espace à habiter et un outil à maîtriser.

Quand le monde est bruit et mouvement, le silence est un apaisement qui incite à la réflexion et à l’introspection. Quelque soit la forme qu’on lui donne, c’est pour cela que la méditation se fait en silence. Ici le silence est un outil de vérité car rechercher l’apaisement et la sérénité, c’est en quelque sorte chercher à être vrai avec soi même.

Vue de la planète mars

Le silence peut aussi se faire contemplation. Ici le silence devient matière première, en quelque sorte. Contempler en silence, ce n’est pas rester passif. C’est s’ouvrir à a beauté.

La véritable musique est le silence et toutes les notes ne font qu’encadrer ce silence.

Miles Davis

Le philosophe Emmanuel Kant a démontré (dans l’analytique du beau) que ce qui est beau procure une satisfaction désintéressée. Pas la peine de s’extasier, ce qui est beau se suffit à lui même. Et Miles Davis ne dit pas autre chose. Le silence contribue à donner à ce qui est beau une dimension d’universalité.

Mais surtout, le silence nous apprend la sobriété. Il y a des silences qui en disent plus que des longs discours. Garder le silence et s’exprimer en peu de mots, avec sobriété, permet bien souvent de donner plus de poids au message qu’on fait passer. Le silence devient une énergie qui permet de rayonner.

Dans un monde d’abondance et de futilité, garder le silence permet de se concentrer sur l’essentiel et de se suffire à soi même, en quelque sorte. Cet appel au dépouillement est en réalité une véritable discipline.

Le silence est un appel à transcender la réalité. Le silence est un appel à se dépasser soi même.

À demain, 21 heures

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Nostalgie

C’était mieux avant… combien de fois n’avons nous pas entendu ce poncif de la philosophie de comptoir. Cette réflexion, en effet, est un vrai mouvement perpétuel : à l’heure des zazous, c’était mieux du temps des années folles, à l’heure des hippies, c’était mieux sous l’Occup’. Quand le rap faisait son apparition, certains regrettaient le bon vieux rock des années 1960… et encore aujourd’hui, certains pensent que c’était mieux dans les années 1980. Bref, c’était toujours mieux avant.

Était-ce vraiment mieux avant ?

Quand tout semble s’effondrer sous nos pieds, la nostalgie est une tentation facile. Un peu comme le sucre adoucit le café, la nostalgie se rappelle à nous dans les moments de petite forme. Et cet état d’esprit prend parfois une dimension fractale. La nostalgie envahit alors la société… et la mode est alors au néo-rétro car en réalité, la nostalgie est une plus une inspiration qu’un réel — et impossible — retour en arrière.

D’ailleurs la nostalgie envahit aussi parfois la politique. À l’heure des auto-entrepreneurs et de l’uberisation du travail, certains se souviennent avec nostalgie du bon vieux temps de la lutte des classes. On est souvent tenté d’opposer nostalgie et optimisme. Face au temps qui passe, inexorablement, on manque parfois d’énergie. C’est d’ailleurs ce que fait Michel Serres dans C’était mieux avant (Le Pommier, 2017).

Meux ? Vraiment ?

Mais il s’agit d’une vision finalement assez réductrice car si la nostalgie permet de mieux accepter l’imparable fuite du temps, elle constitue avant tout un appel à l’introspection. Qu’est-ce que ce bon souvenir nous rappelle ? Qu’est-ce que cette recette de grand’mère faire remonter à notre esprit ? Bien souvent la nostalgie adresse une ambiance ou une époque. En quoi cela permet-il de nourrir le présent ? Nous vivons au présent et nous tendons vers l’avenir mais, pour autant, il ne faut pas oublier que nous venons du passé.

C’est certainement pour cela que la nostalgie se rappelle parfois à notre bon souvenir. La nostalgie est une énergie douce, pour mieux se propulser dans l’avenir

À demain, 21 heures

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Culture

(re)Écouter Miles Davis

Miles Davis est un musicien fascisant. Il a traversé une grande partie du XXème siècle et, en dépit d’une vie assez erratique, a réussi le tour de force de former plusieurs générations de jazzmen assez différents les uns des autres, chacun restant soi-même.

Ce qui frappe chez Miles Davis c’est sa capacité à se remettre en question pour chercher à progresser, à imaginer et à changer. Miles Davis ne voulait pas tant coller à l’air du temps que définir la tendance du moment. C’est ce qu’indiquent d’ailleurs le sous titre de plusieurs de ses albums : « new directions in music by Miles Davis » (nouvelles tendances musicales, par Miles Davis). L’artiste propose, le public adopte — ou pas — ce ressenti du moment.

Miles Davis en concert

Miles Davis a connu plusieurs périodes. La plus célèbre, parce que la plus accessible est celle d’Ascenseur pour l’échafaud. C’est facile à écouter sans être simple, c’est fluide tout en étant travaillé. Bref, c’est agréable. Cliquez sur l’image ci-dessous pour écouter l’album sur Spotify.

Miles Davis, René Urtreger et Barney Wilen lors de l’enregistrement de la musique du film ‘Ascenseur pour l’e?chafaud’ le 4 décembre 1957 au studio le Poste Parisien à Paris, France

Mais la période la plus intéressante de Miles Davis est certainement celle que les spécialistes appellent sa période électrique. L’ambition consiste à moderniser le jazz et à le rapprocher du grand public.

Pas facile pour un intellectuel de la trempe de Miles Davis et le résultat est assez étonnant. Une musique d’un abord assez touffu et pas forcément facile à écouter. Pourtant, le jeu en vaut la chandelle. C’est surprenant, parfois même dérangeant.

Il faut s’y reprendre à plusieurs fois mais ce n’est pas du temps perdu car cette musique est riche. Au bout d’un moment cette musique devient presqu’addictive. Voici quelques titres rassemblés dans une liste de lecture. Cliquez sur la photo pour accéder à la liste sur Spotify.

Miles Davis enregistrant l’album A tribute to Jack Johnson (1970)

Miles Davis a connu des succès triomphaux et des échecs cuisants. Toute sa vie, il cherché à se dépasser pour proposer sa vision du monde. Il a été ce que les anglo-saxons appellent un maverick, un individualiste, mais aussi un grand révélateur de talents et un inventeur de tendances.

À l’heure où les mèmes envahissent tout, réécouter Miles Davis permet de remettre ses certitudes en question et de nourrir sa créativité pour chercher à dénicher des nouvelles tendances.

À demain, 21heures